Gynécologie

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> Cancer de l'ovaire

Le cancer de l’ovaire est relativement rare.
Il se place au 5ème rang des cancers féminins en France (après ceux du sein, du côlon, de l’utérus et de l’estomac). Actuellement près de 4 000 nouveaux cas par an sont diagnostiqués en France.
Dans la plupart des cas, ce cancer concerne les femmes de plus de 45 ans. Il se manifeste surtout entre 60 et 70 ans.

Formes cliniques

Il existe trois formes principales de cancer de l’ovaire.

  • Le cancer épithélial se forme dans les cellules de l’épithélium, l’enveloppe qui recouvre les ovaires ; il touche habituellement les femmes de plus de 50 ans. Il s’agit du plus fréquent (90 % des cas) et du plus meurtrier des cancers de l’ovaire.
  • Les tumeurs des cellules germinales qui débutent dans les cellules productrices d’ovules et affectent surtout les jeunes femmes.
  • Les tumeurs des cellules stromales se développent dans les cellules des tissus conjonctifs qui lient et soutiennent les différents éléments de l’ovaire. Elles se rencontrent principalement chez les plus de 50 ans.

Symptômes

Les symptômes par lesquels se manifeste le cancer de l’ovaire sont peu spécifiques, expliquant que le diagnostic soit porté à un stade avancé.
Les symptômes les plus fréquents sont des douleurs dorsales, une fatigabilité, une sensation de gonflement de l’abdomen, des douleurs abdominales et une envie urgente d’uriner.
Cette symptomatologie peu spécifique sera plus ou moins importante selon le stade du cancer.

Diagnostic

Dans 70 % des cas, le cancer des ovaires est diagnostiqué à un stade avancé, souvent au stade 3. Le cancer de l’ovaire évolue le plus souvent sans éveiller l’attention. Les spécialistes estiment qu’une tumeur peut atteindre une taille de 10 cm et ne pas provoquer de symptômes.
Parfois, la maladie est découverte de façon fortuite, à l’occasion d’un examen gynécologique de routine ou lors d’examens complémentaires à la recherche d’autres affections. Néanmoins, chez près d’une femme sur deux des symptômes peuvent être retrouvés.

Pronostic

Etant donné sa découverte souvent tardive, le cancer de l’ovaire a un pronostic assez sombre. Chaque année, 3500 Françaises en meurent. Le taux de survie à des cancers de l’ovaire est d’un peu plus de 30 % à 5 ans (contre 75 % pour le cancer du sein).
Pourtant, lorsque le diagnostic est précoce les chances de guérison sont de 90 % à 5 ans.  De plus à un stade précoce le pronostic est meilleur si un seul ovaire est atteint (stade IA) mais il reste excellent même si les deux ovaires sont atteints (stade IB), du moment (et c'est ce qui est essentiel) que le cancer est limité aux ovaires, qu'il n'y a pas d'ascite, pas de tumeur à la surface de l'ovaire, pas de rupture de la capsule qui entoure les ovaires

Dépistage

Il n’existe pas encore de test précis pour détecter le cancer ovarien à un stade précoce contrairement à ce qui se passe pour le cancer du sein ou de l’utérus. Octopus Marginatus Pour l’instant, la seule condition d’un diagnostic précoce est le suivi très régulier par un gynécologue.
L’examen clinique gynécologique (toucher vaginal et toucher rectal) peut permettre de déceler un gros ovaire. Néanmoins, lorsque la tumeur est de petite taille ou lorsque l’ovaire et la tumeur sont placés en position haute dans l’abdomen, cet examen n’est pas toujours suffisant.

Examens complémentaires

En cas de suspicion de cancer de l’ovaire, un bilan sanguin classique appréciera l’état de santé de la patiente.
On dose également les marqueurs tumoraux en particulier l’antigène CA 125, principal marqueur tumoral du cancer de l’ovaire. Si celui-ci est augmenté, cela peut-être un argument évocateur supplémentaire de cancer ; mais ce taux peut aussi s’élever en présence de certaines affections bénignes (kyste ovarien bénin..).
Des examens complémentaires sont donc nécessaires.
Face à une anomalie ou une augmentation du volume des ovaires, une échographie pelvienne (échographie du bas-ventre) est réalisée. Elle peut montrer un gros ovaire, manifestement tumoral ou encore un kyste, formation liquidienne, qui attire l’attention, car ses parois sont irrégulières, avec présence de végétations saillant à l’intérieur de la cavité kystique.
Une échographie transvaginale (introduction d’une sonde dans le vagin) peut être réalisée afin d’avoir une meilleure approche de l’anatomie des ovaires.
Enfin, une tomodensitométrie (scanner) et/ou une IRM (Imagerie par Résonance Magnétique) abdomino-pelvienne sont souvent prescrites pour affiner les résultats.

Diagnostic

Seule l’exploration chirurgicale et le prélèvement d’échantillons de tissus pour examen au microscope (biopsie) permettent d’affirmer le diagnostic de cancer de l’ovaire.
Cette exploration chirurgicale va, en outre, permettre d’explorer la cavité abdominale, de rechercher d’autres localisations de la tumeur et de rechercher des ganglions envahis.
La biopsie peut être réalisée par coelioscopie ou par laparotomie.
La coelioscopie (introduction d’un tube dans l’abdomen) va permettre de voir l’intérieur de l’abdomen sans pratiquer de grande incision.
La laparotomie consiste en une large ouverture (grande incision du nombril jusqu’au pubis) qui permet de bien explorer la cavité abdominale et les différents organes et de pratiquer, si besoin, l’ablation de la ou des tumeurs et des organes atteints.
Ce bilan permet de classer la tumeur. De cette classification dépendra le traitement : chirurgie, combinaison chimiothérapie-chirurgie…

Traitement chirurgical

Lorsque la tumeur est en apparence localisée uniquement au niveau d’un ou des deux ovaires (stade précoce), l’acte chirurgical dépend de la situation de la femme.
Chez la femme ménopausée ou ne désirant plus de grossesse, le chirurgien enlève les deux ovaires et l’utérus. Des examens sont systématiquement réalisés afin de s’assurer qu’il s’agit bien d’une forme de cancer limitée aux ovaires.
Chez une femme désirant des grossesses, le chirurgien enlèvera selon l’atteinte un ou les deux ovaires et procèdera ensuite à une exploration soigneuse de toute la cavité péritonéale et des ganglions ainsi qu’à des prélèvements. Après examen l’utérus peut être conservé (s’il n’existe aucune lésion) ce qui permet à la femme d’avoir des règles grâce à un traitement hormonal substitutif. Cela permet également une grossesse par don d’ovocytes.
A un stade avancé (cellules cancéreuses dans la cavité abdominale ou dans les ganglions), la chirurgie est différente de celle pratiquée à un stade précoce.
Dans ce cas, le chirurgien enlève les deux ovaires, les trompes de Fallope, l’utérus. En même temps que les organes, l’épiploon (section de tissu allant du dessus de l’estomac jusqu’en dessous du côlon transverse et de l’intestin grêle qui recouvre et soutient différents organes abdominaux et vaisseaux sanguins) et certains ganglions lymphatiques dans l’abdomen peuvent être retirés.
Si le cancer s’est propagé à tout l’abdomen, le chirurgien essaiera d’extraire autant de tissu cancéreux que possible (chirurgie de réduction du volume tumoral).
Dans certains cas, après une première série de chimiothérapies, si le scanner montre une régression des lésions, une seconde intervention peut être proposée soit pour déterminer la suite à donner au traitement, soit pour compléter la première chirurgie si elle a été incomplète.

Chimiothérapie

Quel que soit le stade, la chirurgie d’un cancer de l’ovaire est le plus souvent suivie de 6 cures de chimiothérapie, afin de diminuer le risque de récidive.
Seuls quelques cancers très localisés ou quelques tumeurs borderline (tumeurs qui surviennent souvent chez les femmes plus jeunes et qui ont un excellent pronostic) ne nécessitent pas de chimiothérapie après la chirurgie.
La chimiothérapie peut également être réalisée avant l’opération chirurgicale, afin de diminuer le volume de la tumeur et faciliter ainsi l’opération.

Suivi médical

Ensuite un suivi très régulier s’impose afin de s’assurer qu’il n’y a pas de reprise du processus tumoral.
Cette surveillance qui doit être prolongée se fait grâce à l’examen clinique, la biologie (marqueur CA 125) et l’imagerie.

Dernière mise à jour le 09/04/2010

 
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