Gynécologie

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Définition

Les fibromes utérins sont des tumeurs bénignes qui sont hormonodépendantes (dépendantes de la sécrétion hormonale) ; elles apparaissent généralement sur la paroi de l’utérus, de façon isolée ou en groupe.

Fréquence

En France, environ 30 % des femmes de plus de 35 ans ont des fibromes qui entraînent des saignements abondants ou d’autres symptômes.
Si l’on tient compte des femmes qui n’éprouvent aucun symptôme, plus de 75 % seraient porteuses de fibromes.
La taille des fibromes peut varier de la grosseur d’un pois à celle d’un pamplemousse, voire davantage.

Différents types de fibromes

On distingue trois types de fibromes utérins selon leur emplacement :

  • les fibromes intra muraux (70 % des fibromes) qui se forment dans la couche musculaire de la paroi de l’utérus
  • les fibromes sous-séreux qui croissent vers l’extérieur de l’utérus et y sont parfois rattachés par un pédicule
  • les fibromes sous-muqueux qui se forment sous la surface de la muqueuse et occupent de l’espace dans la cavité utérine.

Evolution spontanée

Après la ménopause, en l’absence de traitement hormonal, les fibromes régressent progressivement en raison du déclin de la production d’oestrogènes et, s’ils ne sont pas trop gros disparaissent.

Sympômes

Les symptômes des fibromes varient selon leur taille, leur nombre et leur emplacement.
Ils peuvent entraîner :

  • des saignements menstruels abondants et prolongés pouvant être responsables d’anémie (manque de globules rouges)
  • des douleurs durant les relations sexuelles ou dans le bas du dos si le fibrome comprime les nerfs
  • une distorsion ou un gonflement du bas-ventre
  • une envie fréquente d’uriner (si le fibrome exerce une pression sur la vessie), une constipation (si le fibrome comprime le gros intestin ou le rectum)
  • une infertilité (si le fibrome est gros et bloque les trompes de Fallope, empêchant ainsi la nidation de l’embryon), un risque de fausse couche et d’accouchement prématuré.

Facteurs favorisants

Toutes les femmes en âge de procréer sont à risque de fibrome, mais le risque est plus accru chez les Afro-Américaines, les femmes dont la mère a eu un fibrome et les femmes qui n’ont pas eu d’enfant.
Le surplus de poids et l’obésité augmentent légèrement le risque de fibrome, ainsi qu’une consommation d’alcool supérieure à deux verres d’alcool par jour (surtout la bière).
Les femmes physiquement actives seraient moins sujettes aux fibromes que les femmes sédentaires ou obèses, ainsi que celles qui consomment beaucoup de légumes verts (en revanche, le risque semble augmenté chez les femmes ayant une alimentation riche en viande rouge).

Traitement

La très grande majorité des fibromes ne donne pas de symptômes et ne nécessite qu’une simple surveillance.
Ils sont fréquemment découverts par hasard lors d’un examen gynécologique.
Les traitements médicamenteux représentent la première étape.
Dans de rares cas très incommodants, une hystérectomie peut être proposée. Mais heureusement les fibromes régressent après la ménopause et la majorité des femmes n’a donc pas besoin de chirurgie.
Lorsqu’un traitement s’avère nécessaire la décision de choisir une option plutôt qu’une autre dépendra de plusieurs facteurs : la gravité des symptômes, le désir d’avoir ou non des enfants, l’âge… Seule l’hystérectomie, c'est-à-dire l’ablation totale de l’utérus offre une solution définitive.

Traitement médicamenteux

Si les fibromes sont petits le médecin suggère souvent de traiter les symptômes (douleurs, constipation, envie fréquente d’uriner) par des antalgiques simples ou des anti-inflammatoires et des conseils hygiéno-diététiques.
Si les fibromes sont plus gros et/ou donnent des complications un traitement peut être donné. Il peut s’agir de :

  • médicaments sans effet contraceptif :
    • le danazol (Cyclomen) qui peut réduire les saignements sans traiter les fibromes
    • la Gn-RH (Lupron, Zoladex, Synarel), hormone qui peut diminuer la taille des fibromes de 30 % à 90 % et est souvent prescrite dans l’attente d’une chirurgie. Ce médicament provoque une ménopause temporaire avec tous ses effets indésirables ce qui en limite son usage à long terme.
  • médicaments avec effets contraceptifs qui permettent de soulager des symptômes (douleurs et saignements) mais ne soignent pas les fibromes : contraceptifs oraux cycliques en continu, injection intramusculaire d’acétate de médroxyprogestérone (Depo-Provera) ou stérilet Mirena, si les fibromes ne sont pas trop gros.

Chaque femme devra individuellement aborder le sujet avec son médecin traitant.
Enfin, les menstruations abondantes pouvant entraîner une anémie, les femmes qui ont des pertes de sang importantes devraient veiller à inclure des aliments riches en fer dans leur alimentation (palourdes, foie, rôti de bœuf, haricot verts…).
Dans certains cas, le médecin pourra prescrire des suppléments en fer.

Traitement chirurgical

L’intervention chirurgicale est principalement indiquée en cas de symptômes majeurs : saignements incontrôlables, infertilité, fortes douleurs abdominales et lombaires.

La myomectomie consiste en l’ablation du fibrome.
Elle permet à la femme qui le désire d’avoir des enfants (mais une césarienne est parfois nécessaire). Lorsque les fibromes sont petits, la myomectomie peut être pratiquée par hystéroscopie (par voie naturelle) ou par laparoscopie (petite incision pratiquée au niveau du bas-ventre).
Dans 15 % des cas, d’autres fibromes peuvent réapparaître et il peut être nécessaire de réintervenir.

L’ablation de l’endomètre (paroi de l’utérus), peut convenir aux femmes qui ne veulent plus d’enfant.
Les saignements menstruels disparaissent et la possibilité de devenir enceinte aussi.
Cette chirurgie est surtout pratiquée en cas de saignements abondants et de fibromes sous-muqueux nombreux et peu volumineux.

L’hystérectomie (ablation de l’utérus) est réservée aux cas les plus lourds.
Elle peut être partielle ou complète. Normalement, seul l’utérus est enlevé, mais parfois l’ablation des ovaires (en mauvais état ou porteurs de kystes) peut être conseillée. Néanmoins, cette solution qui provoque une ménopause précoce ne doit être utilisé que si cela est absolument nécessaire.

L’embolisation est un nouveau procédé médical qui permet de « tuer » les fibromes, sans les enlever.
Le médecin (radiologiste interventionnel) installe un cathéter dans une artère qui irrigue l’utérus puis injecte des microparticules synthétiques qui ont pour effet de bloquer l’artère. Le fibrome qui ne reçoit plus d’oxygène ni de nutriments, perd environ 50 % de son volume.
Cette technique qui permet de conserver l’utérus nécessite une convalescence de seulement sept à dix jours (contre six semaines pour une hystérectomie).

Dernière mise à jour le 09/04/2010

 
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